
Les Guerriers de la nuit
Un film de Walter Hill, sorti le 1 février 1979
Status: ✅ Vu le 17 janvier 2025
Je n'ai déjà pas une haute opinion du livre, mais le film parvient à me faire voir des différences de traitement du sujet tels qu'après coup le livre en ressort grandi, c'est dire la puissance du rouleau compresseur qu'est Hollywood. 90 minutes qui ne sont qu'une vague excuse pour voir des beaux mecs courir et se battre, vidé de toute substance politique et/ou problématique. Bon, beaux ça reste à débattre, en tout cas mecs c'est indéniable, et c'est même plus que ça. Ce ne sont pas des mecs, ce sont des mâles, dans une virilité noble, forte, solide, mais seulement en-dessous des frontières du PG-13, attention. Le livre montre des enfants se comporter comme des hommes sanguinaires, violeurs, tueurs, jusqu'à l'absurde, jusqu'à ce que j'en ressorte dégoûté, perplexe, presque sceptique du parti pris de l'auteur; le film montre des hommes se comporter comme des ados dans une pub de parfum, dans des tableaux soigneusement composés où rien ne dépasse, où tout le monde danse un ballet de testostérone feutrée et domptée. Le livre n'a aucun fil narratif autre qu'une paranoïa généralisée, une fuite en avant désorganisée et un dénouement pathétique; le film insiste pour tracer des traits et caractériser des gagnants et des perdants, des gentils et des méchants dans un manichéisme hollywoodien - états-unien - typique, jusqu'à ce final ridicule où la morale est rétablie, et l'ordre règne, une fin qui montre des Warriors absous, droits dans leurs bottes, réhabilités dans leur masculinité, dans leur excellence, dans leur intégrité. Des vilains garçons, certes, mais des vilains garçons plein d'honneur et de courage. C'est finalement la différence entre un auteur issu d'une famille russe et communiste qui écrit un livre antithèse au mielleux et romantique West Side Story, tiré de son expérience de travailleur social dans le Bronx - et une industrie du divertissement qui voit l'opportunité de recycler ce même West Side Story avec quelques touches de violence en plus pour faire genre d'avoir approfondi le genre, proposé une radicalité manufacturée, au chaud dans des studios et des réunions de producteurs.
Dans les listes suivantes: