Affiche du film The Mastermind

The Mastermind

Un film de Kelly Reichardt, sorti le 16 octobre 2025

Status: Vu le 8 mars 2026

OrianeGrand Ecran

Les notes d'intention sont claires, la lecture du film fait déjà frémir du monde dans des cénacles, dans des cahiers, dans des cercles cinéphiliques. On a là un film qui déconstruit, et qui en même temps interroge, qui questionne même. On a là un anti-héros, un JB Mooney, un Jean Biche Monnaie quelconque comme il y en a mille, des millions même à travers tout le pays, des fils à papa qui s'ennuient dans leur vie et veulent faire un coup d'éclat, du haut de leurs privilèges, se croyant les maîtres du monde et de l'esprit et qui ne sont que des amateurs, bons à rien sauf à se reposer sur les autres qui font tout le boulot, les femmes notamment, sa mère, ah oui très bien sa mère, ça dit des choses sur les charges mentales des personnages féminins, et puis la communauté aussi, ce que ça coûte à la communauté de tolérer ce genre d'individus prêts à soustraire de l'Art et appauvrir le monde, à tailler dans le bien commun qui profite à personne, et donc à tout le monde, et puis sa façon qu'il a de toujours se sortir des embûches, rien qu'avec son faciès, rien qu'avec le nom de son père, ah oui très bien ça la figure du père, l'autorité incarnée, c'est un juge vous voyez, presque un bourgeois en fait, et son fils qui ne verra jamais une seule cellule, ne recevra aucun coup de poing, ça dit des choses sur ce personnage finalement, et aussi sur cette société qui contient mille, des millions de ces petits hommes blancs dans l'Amérique des années 70, l'Amérique du Vietnam, l'Amérique de Nixon, qu'on voit par petites touches ici et là, une manifestation, des hippies, ce jazz joués tambour battant, éclectique, électrique, et ce Jean Biche finalement de passer à côté de sa vie, à côté de la société américaine un peu perdue dans cet air de fin-de-siècle précoce (à prononcer à l'anglaise pour appuyer l'analyse), au tournant des protestations et des prises de conscience, ah oui très bien ça les prises de conscience et les déconstructions de masculinisme blanc des années 70 en 2025, bon pli, belle pâte, beau regard qui en dit long, et qui fait réfléchir à côté du barbecue, dans cette saucisse qui est la nôtre, à l'ère de Trump et de ces masterminds qui pille le monde comme JB pille le musée. Bon et sinon, qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

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