Affiche du film Une bataille après l'autre

Une bataille après l'autre

Un film de Paul Thomas Anderson, sorti le 23 septembre 2025

Status: Vu le 19 octobre 2025

OrianeGrand Ecran

Olala pff bon euh on commence par quoi ? La sacrosainte règle du cinéma hollywoodien qui stipule que peu importe le sujet, on finit toujours par retomber sur des histoires de famille ? Di Caprio et toute la clique à nouveau d'A-list qui nous font croire qu'ils sont de notre côté en jouant des rebelles, des fachos, des militantes ? Di Caprio qui se fait balader de droite à gauche, qui ne fait rien sans avoir une personne d'une minorité pour l'aider, mais qui se retrouve quand même en tête d'affiche, en dernière scène, dans le climax du film, partout, façon white trash mais personnage principal tout de même ? Le medium est le message, encore une fois ? Le traitement et la vision des femmes noires dans la lutte politique, réduites à des chiennes en chaleur qui veulent juste baiser et faire la guerre, ou l'inverse, cloîtrées dans un couvent et dépossédées au premier raid militaire venu ? Je vous mets le lien d'un texte qui résume mieux l'esbrouffe que moi à travers ces quelques lignes: https://blackgirlwatching.substack.com/p/one-battle-after-another-review --------- en réponse à quelqu'un qui m'a pondu quatre paragraphes pour réfuter l'analyse de Brooke Obie qui se tromperait de combat et aurait une mauvaise lecture du film: je vais être honnête, je pense que la grille de lecture d'une afroféministe états-unienne qui parle de la représentation des femmes noires dans un film réalisé par un homme blanc qui a carte blanche à hollywood mérite un peu moins de scepticisme sur son interprétation et son ressenti et un peu plus d'écoute et d'introspection il faut revenir à la matérialité, à ce qu'on voit à l'écran: évidemment que le personnage de Di Caprio est un des héros de l'histoire, fut-il un anti-héros. L'inversion change éventuellement le regard qu'on porte sur lui, mais ça ne change rien au temps de film qu'il a lui et le personnage de Sean Penn, aux péripéties qui tournent autour de lui, à sa place sur les posters et les matériels de promotion, aux 25 millions qu'il a touchés pour cette prod, au fait que quand on parle de sa fille ou de sa femme c'est pour dire ô combien il a essayé d'être un bon père/révolutionnaire/allié/amant, il a fait ce qu'il a pu - jusqu'à dire à quel point ça a été difficile pour lui d'apprendre à coiffer les cheveux de sa fille métis, le bébou - au monomythe campbellien qu'il traverse dans le script pour arriver à la fin de son voyage, en ayant reçu l'aide de mentors / soutiens tout le long qui disparaissent aussitôt que leur fonction a été exécutée. Il n'y en a que deux qui ne disparaissent jamais et qui ont une fin qui n'est pas expédiée en voix off par-dessus la lecture d'une lettre sortie d'on ne sait où: c'est Di Caprio et Sean Penn, les deux facettes de la même pièce que PTA filme de bout en bout; deux hommes blancs qui luttent pour et autour de femmes noires qui sont des catalystes clichés pour faire avancer le script, deux projections d'une espèce de culpabilité sur les questions raciales et politiques aux Etats-Unis, un self insert de PTA qui donnerait tout un sens à cette satire. Pile t'es un bon allié qui sait reconnaître quand la bataille n'est plus la tienne et c'est l'heure de la jeune génération; face t'es un méchant nazi caricatural qui se fait exécuter par tes "alliés", même pas le droit d'avoir un payoff d'une mort par le bras armé d'une révolutionnaire noire, même pas droit au bonheur de voir ça à l'écran, ça pourrait donner des idées subversives, attention, ça pourrait faire plaisir d'avoir un perso noir qui gagne pour une fois! en fait on (Brooke Obie et moi en tout cas, qui suis métis, et sans doute bien d'autres qui n'ont pas trop voix aux chapitres) en a un peu ras-le-bol des milles nuances d'alliés et de nazis, qu'ils soient coupables, dégueulasses, honteux, satiriques, héroïques ou pas - et à côté trois archétypes (3)(allez quatre) des persos noir-e-s que PTA, un mec blanc, filme de son point de vue la situation et ne sache pas faire (ou ne veut pas faire) autre chose que parler depuis son confort, c'est une chose; qu'il pense que c'est intéressant de perpétuer des clichés sur l'hypersexualisation des femmes noires et des minorités sacrifiées, sous couvert de "c'est pas lui c'est le personnage de Sean Penn", comme si lui et toute la chaîne de production n'avaient pas validé chaque plan, chaque ligne du script, chaque intention et qu'avec tous les moyens déployés il n'y avait vraiment rien de mieux à faire que ça - perpétuer les clichés encore et encore puis se faire tuer ou disparaître du script et mourir sur la page - c'en est une autre, et c'est franchement épuisant de voir qu'on en est toujours là

Tampon rejeté sur l'oeuvre

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